Série des Administrophones – 2017

La série des Administrophones est fondée sur la provocation d’un échange insolite avec le service administratif en charge des espaces publics municipaux sur différents territoires francophones (Canada, France, Luxembourg, Maroc, Suisse,…).

Concrètement, lors d’appels téléphoniques, j’engage une discussion qui vise à permuter les rapports et perturber le cadre de travail. L’imagination, la force de proposition émane non pas de l’artiste mais du fonctionnaire. Ce moment de dialogue permet de révéler des moments de complicité. Une proposition d’intervention artistique en espace public est composée. Par la suite, je me charge de concrétiser cette idée, ce texte, par une intervention in situ, en espace urbain. La créativité apparaît ainsi là où souvent n’a pas lieu de s’exprimer.

Cette série de conversations oriente la conception du projet in situ et engage leurs réalisations en contexte. Cette série se présente dans l’articulation de son processus, les traces du parcours et des rencontres. La discussion est retranscrite et rejouée sous la forme du commentaire, comme peut l’être une étude de terrain en sociologie – j’ai d’ailleurs travaillé en collaboration avec Anthony Pécqueux (Directeur du laboratoire du CRESSON à Grenoble – en soutien avec la Maison de la création et la Cinémathèque de Grenoble). Les administrophones sont avant tout des objets d’écoute partagés. S’ajoute au dispositif d’écoute des éléments de documentation de l’action.

Femme-Drapeau
Fès – 26 mars 2017

La fonctionnaire imagine une femme en tenue traditionnelle (jupe et chapeau) au couleur du drapeau marocain. Elle évoque la place de la Sûreté Nationale comme étant le lieu approprié. J’ai été chez une couturière avec ses instructions, afin de faire dessiner cette autre femme, ce à quoi pouvait ressembler cette tenue. Puis, dans le centre-ville moderne de Fès j’ai demandé ma route aux passants, de manière à rejoindre la Sûreté Nationale. Devant le bâtiment, j’ai fait la femme statue, tout en restant cette Femme-Drapeau.


Les premiers pas d’Arlequine
Grenoble – 8 mai 2017

La fonctionnaire imagine le personnage d’Arlequine (issu de la Commedia dell’arte) sur l’esplanade de la Caserne de Bonne. Sur place, j’ai récolté auprès de passants, en amont, les gestes potentiels de cette figure. Ils ont imaginé qu’elle allait imiter les personnes présentes sur la place, raconter des histoires aux enfants, jouer mal de la flûte, tenter de faire des acrobaties, être bienveillante,… comme autant de facettes que possède précisément Arlequin-e.

Réalisée en collaboration avec Anthony Pecqueux (Sociologue, directeur du CRESSON, Laboratoire sur les ambiances urbaines / Centre de Recherche sur l’Espace Sonore et l’environnement urbain) avec le soutien de la Maison de la création de Grenoble.

http://maisondelacreation.univ-grenoble-alpes.fr/fr/recherche/projets/administrophone-177959.kjsp?RH=MCFR_RECH02

Une journée d’étude sur la recherche-création dans l’espace public est prévue le 12 octobre 2017 au laboratoire du CRESSON à Grenoble.  Il s’agira d’une part partager la matière de ce travail (retranscriptions des appels, film sur l’intervention, etc.), et d’autre part réfléchir ensemble sur les questions que la recherche-création dans l’espace public soulève.


Les animaux sauvages
Luxembourg – 9 août 2017

Au Luxembourg, la fonctionnaire a imaginé une série d’images animalières (chevreuil, sanglier, cygne) sur la place d’Armes et place Guillaume II. L’installation et l’intervention sont fondées sur cet échange pour l’exposition collective  » JET LAG / OUT OF SYNC » – Rotondes – Triennale Jeune création 2017.

http://rotondes.lu/agenda/details/event/triennale-jeune-creation/

Crédit photo : Bohumil Kostohryz


Fête Aujourd’hui
Montréal – 3 septembre 2017

Le fonctionnaire montréalais a imaginé une personne jouant avec le vent, avec des tissus colorés. Il a choisi une plaine venteuse située au parc Frédéric-Back.